Formation à l'utilisation de la voix

Le Grand projet " Formation " de l'AIIC a eu le plaisir d'organiser à Genève, les 29 et 30 janvier derniers, une manifestation de formation à l'utilisation de la voix en situation d'interprétation de

Les participants ont ainsi pu suivre les présentations théoriques de François SOULIE (acteur, écrivain, formateur d'acteurs) et de Jean-Marc DUSSARDIER (ingénieur du son), consacrées à la voix et au son, puis pratiquer des exercices concrets en groupe.

La partie théorique a permis de mieux comprendre les paramètres fondamentaux du son : le niveau et son évolution dans le temps, la dynamique, la hauteur, le timbre, la distance sonore et la vitesse, ainsi que de préciser d'autres notions physiques importantes (harmoniques, spectre, bande passante, etc.). D'autre part, les caractéristiques des micros et des équipements de prise de son et d'enregistrement ainsi que leur influence sur la restitution de la voix ont été expliquées.

Le deuxième volet de la partie théorique était consacré aux paramètres fondamentaux de la voix: souffle, diction, rythme, articulation, prononciation, en faisant ressortir les difficultés qu'il y a à maîtriser ces paramètres indépendamment les uns des autres. La voix dépend de la capacité thoracique, de la longueur des cordes vocales, de la manière de positionner le son dans le larynx, la bouche, les sinus, de la labialisation, du placement des sons dans la tessiture, etc. Du fait que nous nous entendons par l'oreille interne comme par l'oreille externe, notre perception de notre voix ne correspond pas à celle qu'en ont les autres. Il faut donc apprendre à nous écouter " de l'extérieur " (par ex. par le biais d'enregistrements) et à corriger tout ce qui doit l'être (sans altérer pour autant les caractéristiques naturelles propres à chacun). Dans ce contexte, des conseils pratiques ont été donnés pour gérer le stress, s'entraîner, s'écouter, se ressourcer.

La partie pratique du séminaire, la plus développée, était consacrée à des exercices progressifs : lecture d'un texte " neutre ", lecture " orientée " (avec une intention émotionnelle cachée), écoute critique de la voix en situation d'interprétation, répétition de l'exercice d'interprétation pour maîtriser les défauts vocaux, exercice de voice-over (doublage).

Ce faisant, plusieurs grandes idées ont été dégagées, qui mettent en lumière certains aspects parfois oubliés ou occultés de notre profession. A titre d'exemple, voici quelques phrases-clés prononcées lors du séminaire :

  • La voix véhicule immédiatement une émotion, indépendamment du contenu.
  • L'interprète oscille constamment entre la " loi " imposée par le locuteur et la sensibilité propre de son interprétation, dans un jeu constant entre ce qui est entendu et ce qui est proféré.
  • Tout outil technique, tel que la voix, est le véhicule d'une réflexion sur le monde ; il n'y a pas d'esthétique sans éthique.
  • Il n'y a pas de belle voix, mais il y a une façon heureuse de s'en servir pour la rendre la plus utile à la communication.
  • C'est le locuteur que l'on doit écouter, mais c'est l'interprète que l'on entend.
  • Le sens dépend très souvent du son. La musique que nous entendons éveille notre imaginaire.

Les participants ont tous beaucoup apprécié cette manifestation qui répondait manifestement à un besoin et a permis des prises de conscience importantes concernant notre outil de travail quotidien. Des réflexions sont en cours pour répéter ce séminaire à l'avenir (y compris pour répondre aux attentes des personnes qui n'avaient pas pu s'inscrire cette fois, faute de place). Un grand merci à tous, et notamment aux sympathiques formateurs, dont la qualité, le tact et la compétence ont été maintes fois soulignés.



Recommended citation format:
Benoît KREMER. "Formation à l'utilisation de la voix". aiic.fr March 23, 2000. Accessed August 22, 2019. <http://aiic.fr/p/128>.